This is a reproduction of a library book that was digitized
by Google as part of an ongoing effort to preserve the
information in books and make it universally accessible.
Google books
http://books.google.com
Google
A propos de ce livre
Ceci est une copie numérique d’un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d’une bibliothèque avant d’être numérisé avec
précaution par Google dans le cadre d’un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l’ensemble du patrimoine littéraire mondial en
ligne.
Ce livre étant relativement ancien, il n’est plus protégé par la loi sur les droits d’auteur et appartient à présent au domaine public. L’expression
“appartenir au domaine public” signifie que le livre en question n’a jamais été soumis aux droits d’auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à
expiration. Les conditions requises pour qu’un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d’un pays à l’autre. Les livres libres de droit sont
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont
trop souvent difficilement accessibles au public.
Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir
du long chemin parcouru par l’ouvrage depuis la maison d’édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.
Consignes d’utilisation
Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine.
Il s’agit toutefois d’un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées.
Nous vous demandons également de:
+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l’usage des particuliers.
Nous vous demandons donc d’utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un
quelconque but commercial.
+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N’envoyez aucune requête automatisée quelle qu’elle soit au système Google. Si vous effectuez
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer
d’importantes quantités de texte, n’hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l’utilisation des
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile.
+ Ne pas supprimer V attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet
et leur permettre d’accéder à davantage de documents par l’intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en
aucun cas.
+ Rester dans la légalité Quelle que soit l’utilisation que vous comptez faire des fichiers, n’oubliez pas qu’il est de votre responsabilité de
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n’en déduisez pas pour autant qu’il en va de même dans
les autres pays. La durée légale des droits d’auteur d’un livre varie d’un pays à l’autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier
les ouvrages dont l’utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l’est pas. Ne croyez pas que le simple fait d’afficher un livre sur Google
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous
vous exposeriez en cas de violation des droits d’auteur peut être sévère.
À propos du service Google Recherche de Livres
En favorisant la recherche et l’accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en a idant les auteurs et les éditeurs à éla rgir leur public. Vous pouvez effectuer
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l’adresse ht tp : //books . qooqle . com|
Digitized by
Digitized by
Digitized by Google
ANNALES
DE LA
SOCIÉTÉ D'ÉMULATION
POUR L’ÉTUDE
DE L’HISTOIRE & DES ANTIQUITÉS
DE LA FLANDRE
4 e SÉRIE
TOME VIII, XXXV' VOLUME DE LA COLLECTION
ANNÉE 1885
BRUGES
IMPRIMERIE DE ZUTTERE-VAN KERSSCIIAVER
1886
Digitized by LjOOQle
Le Président,
Digitized by Google
LISTE DES MEMBRES
DE LA
SOCIÉTÉ D'ÉMULATION
POUR L’ÉTUDE DE
L’HISTOIRE ET DES ANTIQUITÉS
DE LA FLANDRE.
Membres Effectifs.
J) H Zot
F H-S&
v. 3 s~
Messieurs:
1. Joseph-Olivier ANDRIES, chanoine de la cathédrale de Bruges,
décoré de la Croix de fer, commandeur de l’Ordre de Léopold,
chevalier de l’Ordre de St. Grégoire-le-Grand, membre de
l’Académie d’Archéologie de Belgique, l’un des membres-fonda-
teurs de la Société d’Émulation, président.
2. Alfred RONSE, membre de la Chambre des Représentants,
échevin de la ville de Bruges, membre du Comité'.
3. François BRUYNEEL, bibliophile, à Courtrai.
4. Alois NELIS, professeur à l’athénée royal de Bruges, biblio-
thécaire.
5. Jules BROUCKAERT, bibliophile, à Courtrai.
6. L’abbé A. C. E. J. DE SCHREVEL, licencié en théologie, directeur
du séminaire, à Bruges, membre du Comité.
7. Ad. DECLERCQ-SWINNEN, avocat, conseiller provincial et
communal, à Bruges, membre du Comité.
8. Monseigneur H. F. BRACQ, prélat domestique de S. S., assistant
au trône pontifical, officier de l’Ordre de Léopold, docteur en
théologie, évêque de Gand.
9. Le baron Arthur SURMONT DE GHEUS, sénateur, à son
château, à Voormezeele lez-Ypres.
là. Jean VAN RUYMBEKE, bibliophile, à Courtrai.
11. Le baron Ernest VAN CALOEN, docteur en droit, à Lophem.
12. Le baron BETHUNE-D’YDEW ALLE, membre correspondant de
la Commission royale des monuments, président de la Gilde de
S. Thomas et S. Luc, à Gand.
830
Digitized by Google
Messieurs:
13. Le chevalier Gustave VAN HAVRE, ancien sénateur, bourgmestre
de Wyneghem, près d’Anvers.
14. Jules VANDENPEEREBOOM, Ministre des Chemins de fer,
postes et télégraphes de Belgique, à Bruxelles.
15. Ernest LEFÈVRE-VAN DEN BERGHE, archéologue, à Gand.
16. J. VAN CALOEN DE BASSEGHEM, conseiller provincial, mem-
bre de la commission administrative des Hospices civils, à Bruges.
17. DésirA VAN DE CASTEELE, conservateur des archives de
l’État, à Liège, chevalier de l’Ordre de Charles III d’Es-
pagne, secrétaire de l’Institut archéologique liégeois, membre de
l’Académie d’archéologie d’Anvers, de la Société historique,
archéologique et littéraire de la ville d!Ypres et de l’ancienne
West- Flandre, de la Société de littérature neérlandaise de Leide,
de la Société zélandaise des sciences etc. membre du Comité.
18. Le chanoine Ad. DUCLOS, conservateur des SS. Reliques du
diocèse de Bruges, membre de la Gilde de Ste-Lutgarde pour
l’étude de la langue et des antiquités flamandes, rédacteur du
Rond dttt Hecrd) membre du comité directeur de la Société ar-
chéologique et du Musée de Bruges.
19. I. L. A. DIEGERICK, archiviste et bibliothécaire de la ville
d’Ypres, chevalier des Ordres de Léopold et de la Couronne de
Chêne etc., membre de plusieurs sociétés savantes, à Gand.
20. Mgr. le baron F. BETHUNE, chanoine de la cathédrale de
Bruges, membre correspondant de la Commission royale des
monuments, président de la société archéologique, à Bruges.
21. Le comte Th. VAN DER STRAETEN -PONTHOZ, grand-maré-
chal de la Cour, grand’croix des Ordres de Léopold et du Lion
néerlandais, de la Couronne de fer d’Autriche etç., à Bruxelles.
22. DE PORTEMONT, ancien membre de la Chambre des Repré-
sentants, juge de paix honoraire, à Grammont.
23. Gustave CARTON, chevalier de l’Ordre de Léopold, docteur en
médecine, à Wynghene.
24. Monseigneur Jean- Joseph FAICT, docteur en théologie, en philo-
sophie et lettres, officier de l’Ordre de Léopold, évêque de Bruges,
prélat domestique de S. S. et évêque assistant au trône pontifical.
25. Le vicomte Albéric DE MONTBLANC, membre de la Chambre
des Représentants, chevalier de l’Ordre de Léopold, à
Ingelmunster.
26. Le baron KERVYN DE LETTENHOVE, membre de la Chambre
des Représentants, commandeur de l’Ordre de Léopold, chevalier
des Ordres de François-Joseph d’Autriche et de l’Étoile Polaire,
membre de l’Académie royale de Belgique, président de la
Commission royale d’IIistoire etc. à St. Michel lez -Bruges,
MEMBRE DU COMITÉ.
Digitized by Google
Messieurs:
27. Jules LAMMENS, sénateur, à Gand.
28. Léon DE FOERE, docteur en droit, à Bruges, Secrétaire-
Trésorier.
29. Le comte Amedée VISA RT, membre de la Chambre des
Représentants, bourgmestre de la ville de Bruges, chevalier de
l’Ordre de Léopold.
30 Le comte Thierry DE LIMBURG STIRUM DE THIENNES,
sénateur, membre de la Commission royale pour la publication
des anciennes lois et ordonnances etc., à Gand, membre du
Comité.
31. Édouard NEELEMANS, chevalier de l’Ordre de la Couronne
de Chêne et ancien bourgmestre d’Eecloo, memûre du Comité.
32. Le Père Supérieur de la résidence des RR. PP. Jésuites à
Bruges.
33. L’abbé J. D. M. ROMMEL, principal du collège St-Louis, à
Bruges, membre du Comité.
34. René CHALON, commandeur de l’Ordre de Léopold et de
l’Ordre du Christ de Portugal, etc., président de la Société des
Bibliophiles belges, membre de l’Académie royale <fe Belgique,
vice-président de la Commission royale des monuments etc., à
Bruxelles.
35. Le chanoine Alphonse DE LEYN, docteur en droit, membre
du Comité.
36. J. M. E. FEYS, chevalier de l’Ordre de Léopold, membre
correspondant de l’Académie héraldique italienne de Pise,
professeur honoraire d’athénée, à Bruges, vice-président.
37. Le Docteur Aimé REMBRY-BARTH, membre effectif de la
Société historique, archéologique et littéraire de la ville d’Ypres
et de l’ancienne West-Flandre, membre correspondant de la
Société historique et littéraire de Tournai, du Cercle archéologique
de Mons, de la Société paléontologique et archéologique de
Charleroi, de la Commission historique du département du Nord,
de la Société académique d’agriculture, sciences et arts de Douai,
de la Société des Antiquaires de la Morinie, de la Société
littéraire, historique et archéologique de Lyon, etc., archiviste
de la ville de Menin.
38. Gustave DE SNICK, juge de paix, à Thourout.
39. Ignace DE COUSSEMAKER, archéologue, membre de plusieurs
sociétés savantes, à Bailleul.
40. Ferdinand VAN DER HAEGHEN, chevalier des Ordres de
Léopold de Belgique, de l’Étoile Polaire et de la Couronne
royale de Prusse etc., membre correspondant de la Commission
royale des monument*, bibliothécaire de l’Université, à Gand.
Digitized by Google
Messieurs :
41. L’abbé Aug. VAN SPEYBROUCK, membre du Comité flamand
de France, membre de la Commission instituée par le XIX«
congrès néerlandais pour la régularisation des noms flamands
des communes et villes de la Belgique et de la Hollande,
BIBLIOTHÉCAIRE-ADJOINT.
42. L’abbé VAN DER MEERSCH, directeur du couvent des Dames
de Rousbrugghe, à Ypres.
43. Le chevalier Amédée DE SCHOUTHEETE DE TERVARENT-
DE MUNCK, ancien vice-président du conseil provincial de
la Flandre orientale, président du Cercle archéologique du pays
de Waes, château de Moeland, à St- Nicolas (Waes).
44. Adile MULLE DE TERSCIIUEREN, membre de la Chambre
des Représentants, à Thietî.
45. Alphonse ROELS, bibliophile, à Bruges.
46. Hector DE SCHIETERE DE LOPHEM DE BIE, juge au
tribunal de première instance, à Bruges.
47. Le baron DE CONINCK DE MERCKEM, sénateur, à son
château, à Merckem.
48. Arthur MERGELYNCK, membre titulaire du Comité flamand
de France, de la Société historique, archéologique et littéraire
de la ville d’ Ypres, à Ypres.
49. L. J. MESSIAEN, curé, à Reckem.
50. P. CROCQUISON, chevalier de l’Ordre de Léopold, architecte
provincial, membre correspondant de la Commission royale des
monuments, président de la Société des Beaux-Arts, à Courtrai.
51. Le Baron Jean BETHUNE-DE VILLERS, membre du conseil
provincial de la Flandre occidentale, bourgmestre d’Oost-Roose-
beke, membre du Comité delà Gilde de S. Thomas et S. Luc.
52. Le Baron Albert VAN CALOEN-VAN OCKERHOUT, docteur
en droit, conseiller provincial de la Flandre occidentale, à
Lophem, membre du Comité.
53. Wilfrid C. ROBINSON, ancien zouave pontifical, rédacteur du
Catholic Progressa à Bruges.
54. Victor MAELFAIT, littérateur, membre de la Société » De
Vriendschap »> à Roulers.
55. Le vicomte DE RUFFO BONNEVAL, à Bruges.
56. Le chevalier Amaury-Joseph-Chari.es DE GHELLINCK D’EL-
SEGHEM, membre de la Société des Bibliophiles flamands à
Gand, de la Société des Bibliophiles belges, de la Société ar-
chéologique de Mons et du Cercle archéologique d’Enghien, à
Bruxelles.
Digitized by Google
Membres honoraires.
Messieurs :
1. Mgr. A. NAMÈCHE, recteur émérite de l’université catholique
de Louvain, prélat domestique de S. S., docteur en théologie,
chanoine honoraire de l’église métropolitaine de Malines, officier
de l’Ordre de Léopold, professeur émérite à la faculté de
philosophie et lettres, à Parck, lez-Louvain.
2. Louis DE BAECKER, inspecteur des monuments historiques,
chevalier des Ordres de la Couronne de Chêne et de Henri-le-Lion
de Brunswick, officier d’ Académie, membre de la Commission
historique du département du Nord, de la société des Arts
et Sciences de Douai, des antiquaires de la Morinie, de la
Société d’Émulation de Cambrai, etc., à Noordpeene.
3. Le R. Père Henri-Marie IWEINS, de l’ordre des Frères-Prêcheurs,
membre de l’Académie d’archéologie de Belgique, membre cor-
respondant de la Société des antiquaires de la Morinie et du
Comité flamand de France, à Louvain.
4. Édouard VAN CAUWENBERGHE, littérateur, échevin de la
ville d’Audenarde.
5. NOLET DE BRAUWERE VAN STEELAND, docteur ès-lettres,
chevalier de l’Ordre du Lion néerlandais, commandeur des
Ordres de la Couronne de Chêne, du Christ de Portugal et
d’Ernest-Auguste de Hanovre, chevalier des Ordres de Léopold
de Belgique, de l’Étoile Polaire, du Danebrog, d’Adolphe de
Nassau, de François I eP des Deux-Siciles et de Henri-le-Lion de
Brunswick, associé de l’Académie royale de Belgique, à Vilvorde.
6. Alphonse-Philippe-Ghislain Comte VAN DE WALLE, homme
de lettres, chevalier de l’Ordre de St-Grégoire-le-Grand, com-
mandeur et chevalier de divers autres Ordres, administrateur de
de la Banque de la Flandre Occidentale, membre de l’Académie
d’archéologie de Belgique, du Comité flamand de France, de la
Société des Antiquaires de la Morinie etc., à Bruges.
7. Ch. PIOT, officier de l’Ordre de Léopold, chevalier de l’Ordre
de François-Joseph d’Autriche, archiviste-général-adjoint du
Royaume, membre de l’Académie royale de Belgique, et de la
Commission royale d’Histoire, etc. à Bruxelles.
Digitized by Google
Messieurs :
8. N. DE PAUW, procureur du Roi, chevalier de l’Ordre de Léopold,
membre de la Commission des archives et de celle des monuments
de la ville de Gand, du Cercle archéologique de Termonde etc.
à Bruges.
9. Mgr. le chanoine Chrétien DEHAISNES, secrétaire-général
des Facultés catholiques de Lille, ancien archiviste-général du
département du Nord, à Lille.
10. Le R. P. ïÎUB.-Prosper VANDERSFEETEN, de la Compagnie
de Jésus, à Bruxelles.
11. Alphonse DE SCHODT, directeur -général de l'enregistrement
et des domaines, officier de l’Ordre de Léopold, secrétaire-tré-
sorier de la Société royale belge de numismatique, membre de la
Société des antiquaires de Suède, à Bruxelles.
12. Alb. MATTHIEU, juge au tribunal de première instance, à
Bruxelles.
Digitized by Google
1302.
LE
COMPTE COMMUNAL
DE LA VILLE DE
BRUGES.
Digitized by
Digitized by Google
i
Digitized by Google
P
■ «-
? «•
vt) f#~
Vtt) 0f~
i <c **
*- «.J*—
Digitized by Google
1302 .
LE
COMPTE COMMUNAL
DE LA VILLE DE
BRUGES
Mai i3o2 a Février i3o3 (n. s.)
AVEC UNE INTRODUCTION ET UNE TABLE DES NOMS
PAR
JULES COLENS
CONSERVATEUR DES ARCHIVES DE l’ÉTAT A BRUGES
SUIVI D’UN GLOSSAIRE
PAR
AUG. VAN SPEYBROUCK
Ce serait une publication d’un grand
intérêt que l’impression complète de tous
les comptes relatifs à la bataille de Cour-
tray déposés aux Archives de Bruges ....
B** Kbkvyn dk Lbttbnhove, Hht.
de Flandre * 1. II, p. 63 x.
BRUGES
IMPRIMERIE DE ZUTTERE-VAN KERSSCHAVER
1886
Digitized by G.oooLe
Digitized by
l est inutile d’insister sur l’importance
et la valeur que présente le compte de
la ville de Bruges pour l’année i3o2.
Cette date mémorable, non moins que l’espace
de plusieurs siècles qui nous en séparent, jus-
tifient amplement le haut intérêt, qui se rattache
à ce document; quant à sa valeur, elle est
incontestable, comme celle de tout monument
dont l’exemplaire est unique. Le double n’existe
pas aux Archives Générales du Royaume.
Pressé par de vives instances, nous publions ce
manuscrit original, contemporain d’une époque
héroïque entre toutes. Aucun commentaire cri-
tique sur ses révélations, touchant au domaine
de l’histoire, n’accompagne notre publication :
nous avons suivi, en cela, le conseil de nos aînés,
travailleurs rompus aux leçons de l’expérience
et pouvant se prévaloir d’une réputation scien-
tifique parfaitement établie. L’impartialité, avec
Annales, 4 * Série, t. VIII. 1
Digitized by Lioogle
II
laquelle il convient de laisser examiner les dé-
tails minutieux et souvent circonstanciés du
compte, nous trace cette ligne de conduite. De
cette manière, tous ceux qui s’intéressent à la
période glorieuse, qu’embrasse notre travail,
pourront émettre en toute liberté, une apprécia-
tion exclusivement inspirée par leurs sentiments
personnels ; et nous aurons évité ce qui n’arrive
que trop fréquemment, à savoir, que le lecteur
se laisse captiver agréablement par l’opinion
déjà exprimée, avant qu’il n’ait eu le loisir de
jeter un coup d’œil, même rapide, sur la pièce
principale, seule digne de son attention pre-
mière D’autre part, une fois publié, le document
sera mis en état d’être étudié par les spécialistes,
sous ses diverses faces ; examen qu’il mérite
assurément à raison de son grand âge. Notre
ambition se bornera ainsi au premier, mais aussi
au plus important de nos devoirs d'archiviste:
celui de mettre les curieux et les savants en
communication facile avec les titres conservés
aux dépôts d’archives publiques.
Le compte communal de l’an i 3 o 2 fait partie
des riches collections déposées aux archives de
la ville de Bruges ('). Il forme un volume in-
(i) L. GillioDTS-Van Severen, Inventaire des archives de la ville de
Bruges. Chartes. Introduction. Dans l’aperçu sommaire des collections.
Chap. IV. Finances. § I. Comptes de la ville: p. 24. « Année 1302;
un registre, plus un rouleau, contenant un double des dépenses. *
Digitized by Liooqle
III
folio, mesurant 48 centimètres de hauteur, sur
33 centimètres de largeur, et est entièrement
écrit sur parchemin. Originairement composé
de 72 feuillets, il en comprend aujourd'hui 70,
numérotés de j à lxxj, d’une belle écriture go-
thique cursive; sa reliure actuelle, qui répudie
toute prétention à l’élégance, est façonnée à la
manière moderne : carton recouvert de papier
bleu, dos et coins en parchemin. Sur la cou-
verture est appliquée une étiquette de papier
blanc portant cette inscription, tracée en carac-
tères de notre époque : « Stede Rekening. An 0
r3o2, gaende van 3i mei i3o2 tôt 2 e " februarij
i3o3 [n. st.]. » Au dos le millésime « i3o2 ».
Ce document est complet, moins les feuillets
lxiij et lxxij. Comme ceux-ci enveloppaient le
dernier cahier du volume, on comprendra,
sans peine, qu’ils ont pu s’égarer antérieurement
à la reliure. Le feuillet xxxvij a été remplacé
par une bande étroite de parchemin large de
19 centimètres, cousue sur l’onglet formé par
le fragment de la feuille enlevée. Selon toute
apparence, cette bande a été intercalée par les
magistrats qui ont siégé postérieurement à la
reddition du compte, car elle contient le résultat
d’un contrôle, fait au moyen du journal tenu
par le trésorier, de l'argent prêté au temps, est-il
dit dans la formule introductive, où Martin vander
Rughe et Jean Heme étaient bourgmestres. Notre
opinion est corroborée d’ailleurs, par la mention
« Scriptum hic, in anno CCC° IX 0 , per scabinos
Digitized by
Google
IV
tune», dont nous parlerons plus loin. Quant à
l’un des deux feuillets qui manquent, le seul
probablement qui ait reçu des annotations, nous
avons emprunté son contenu au rouleau, sur
lequel sont inscrits les payements opérés pendant
la même année. Ce rôle forme le double du
chapitre des dépenses du compte relié; et, de
même que celui-ci, il est déposé aux archives
communales.
La pièce désignée comme rouleau, fort bien
conservée du reste, consiste en une liasse de
feuillets de parchemin, au nombre de 57,
rattachés ensemble, par la base, au moyen de
quatre liens, également distants l’un de l’autre
et formés de bandelettes torses de la même
matière. Elle constitue donc en réalité un cahier
oblong, sans couverture, de 63 centimètres de
longueur, sur 28 de largeur. Les feuillets, nu-
mérotés des chiffres j à Ivij, tous précédés de la
lettre A, n’ont été employés qu’au recto. Une
belle écriture gothique cursive du XIV e siècle
occupe les lignes, qui sont tracées dans le sens
de la largeur; la succession régulière de celles-ci
devait permettre de rattacher les feuillets un à
un, de manière à les faire suivre d’après leur
ordre de transcription, au cas où l’on aurait
voulu disposer le compte sous forme de rouleau.
Le feuillet supérieur, qui est le dernier dans '
l'ordre de la transcription, porte à l’article final:
Digitized by L.ooQle
V
«Jtem Janne den Groten vander Scotten wulle».
Le premier feuillet, placé par conséquent à
la partie inférieure, commence par ces mots :
«Vte ygheven omme den cost ende die be-
duerste van minen here Willemme van Guleken
ende van sinen l[ieden] » .
Au dos: « Computatio.... ». Plus bas: «Com-
putatio extradati. Martini de Ruga. Et Joannis
Heems. Burgimagistrorum ville Brugensis».
Transversalement, entre cette suscription et le
bord du feuillet: i° d’une main moderne: «Sans
date, mais de i3oi. Voyez compte de i33i à
i332, f° 104 v°. » — 2 0 écrit de la main de feu
M. Bossaert, archiviste de la ville: «N. B. Ce
compte de dépenses est le double de la deu-
xième partie du compte de i3û2; voyez ce
compte, f° s 3g et suivants. [Janvier 53]».
Faisons encore la description des deux feuil-
lets isolés, qui suivent, et dont le dépôt a été
fait, comme annexes, à la fin du compte relié.
I. Feuillet de parchemin, ayant fait partie d’un
rouleau; XIV e siècle; écriture gothique cursive,
peu soignée; longueur 45 centimètres, largeur
24 centimètres ; marqué en marge de la lettre C.
Première ligne : « Ontfanghen in wine ende
van wine » . Le parchemin étant rongé au bas
de la page, la dernière ligne, qui devait contenir
la somme totale des articles, est perdue; voici
la transcription de l’avant-dernière: «Jtem bi
Digitized by
Google
VI
den seluen van vate wijns int Zuin ijcocht
bi Jan Soybarde, lij ç ffi. ».
C'est le double de la matière traitée aux folios
xxvj et xxvij du compte relié de i3o2.
II. Autre feuillet de parchemin, également
extrait d’un rouleau ; même écriture du XIV e
siècle; longueur 64 centimètres, sur 24 centi-
mètres de largeur. Première ligne: «Jtem bi
den Vaerwers, omme te vaerwene der zelscut-
ters frocke, xviij ®,vs,». Dernière ligne: «Jtem
van Janne Gherloef vp den coep van i maste,
die hem vercocht was, die Colarde Cortscofs
was, viij ». En marge, d’une écriture moderne:
«Compte de i3o2. Voyez les mêmes articles au
folio 2 verso et 3 recto du compte relié de cette
année ».
En effet, ce feuillet est un fragment du cha-
pitre des recettes dudit compte, auquel il sert
de double, mais il y est reproduit dès le folio j
in fine, ligne 4, et s’arrête au folio iiij, ligne 10.
Comme on le voit, les documents, qui précè-
dent, sont écrits en langue flamande. Jusqu’à
présent, aucun d’eux n'a été publié en son
entier. Seules, quelques transcriptions éparses
ont vu le jour. Il n’en est pas de même des
pièces suivantes qui, pour la plupart, écrites en
langue française, ont trouvé avec avantage leur
place marquée dans une savante publication que
plusieurs années de laborieuses recherches et
Digitized by
.Google
VII
de patientes investigations ont permis d’enrichir
de notices multiples et précieuses à la fois (*).
Notre devoir est, non seulement d’appeler, sur
ces pièces extrêmement intéressantes, toute l’at-
tention qu’elles méritent, mais encore de les
signaler ici d’une façon exceptionnelle, car elles
servent de complément au compte général; en
un mot, elles renferment le détail d’un grand
nombre d’articles, qui y ont été condensés, tantôt
sous une rubrique fort concise, tantôt sous l’in-
dication très-laconique du nom du fournisseur.
A vrai dire, ce sont de simples mémoires de
frais et débours servant à justifier des prétentions
aux fins de payement.
Bien que les éléments essentiels manquent
pour reconnaître exactement et d’une manière
précise la place qui a été assignée à chacune
d’elles par les trésoriers dans les divers chapitres
de leur compte général, nous sommes parvenu
néanmoins, après un travail passablement fas-
tidieux, à la retrouver avec certitude pour quel-
ques-unes. Quant à celles qu’un défaut d’indi-
cation suffisante nous a empêchées de découvrir,
nous conjecturons qu’un remaniement, opéré
dans le but de classer chaque catégorie de
dépenses dans le chapitre ou le paragraphe qui
lui était destiné, aura été le point de départ
d’une modification radicale dans la rédaction des
(2) L. Gilliodts-van Severen, op. cit .
Digitized by Google
VIII
divers articles; d’où la conséquence inévitable de
rendre tout essai de rapprochement impossible.
Il paraît évident, du reste, que tous les comp-
tes particuliers ou partiels ont dû être soldés
par le « commun » de la ville et par conséquent
repris au compte général annuel.
Voici donc l’analyse sommaire de ces docu-
ments, ainsi que leur description, telle que nous
les présente l'Inventaire des archives de la ville
de Bruges. Nous avons observé l’ordre dans
lequel ils se suivent dans cet ouvrage remar-
quable et sous chaque description nous avons
indiqué le feuillet du compte relié sur lequel
il a été reporté ( 3 ).
i56. — 1302, sans date. — • Chest chou ke Henris de
Louchins, chevaliers, demande por lui et por ses gens. *
Notes de dépenses faites à Cassel, à Ypres et à
Courtrai pour Mgr. Henri de Louchin et sa compagnie.
Cet écrit est bâtonné et semble n’offrir qu’un compte
approximatif, car sur les sept articles, qui le composent,
il y en a deux dont les sommes sont suivies des mots :
• et plus». Le total tel quel, y compris la cure de
deux blessés et la perte de trois chevaux, s’élève à
1,218 %. parisis.
Feuillet de parchemin. — Suscription : « De mo. sing p Henr. de
Louchin. «
(3) Nous avons cru inutile de donner ici la concordance des feuillets
du compte manuscrit avec les pages du présent volume ; le lecteur
se retrouvera aisément, attendu que l’indication des feuillets du compte
est établie en marge de notre travail.
Digitized by Google
IX
Voir les articles correspondants du compte,
au feuillet xlvj r°, ligne n et suivantes.
157. — 1302, sans date . — » Ce sont li despens mon
singneur Sohier de Gand de leure ke jl vint à Bruges,
ou seruice mon singneur Willem de Julers et le Vile
de Bruges, ains ke on alast a Courtrai. *
Note des dépenses de Mgr. Sohier de Gand, de son
fils et de sa troupe, depuis le premier jour de la seconde
semaine de mai, qu’ils sont arrivés à Bruges, au service
de Guillaume de Juliers, jusqu’à leur départ pour l’ar-
mée; et ensuite du 22 Juillet au 10 Août.
Les dépenses sont renseignées globalement, de se-
maine en semaine et forment un total de 893 il s.
5 d. parisis.
Long feuillet de parchemin étroit. — Suscription : » De mon sing r
Sohier de Gand *.
Voir les articles correspondants, au feuillet
xli v°, lignes 6, 7 et 8,
1 58 . — 1302, sans date. — «Van mins heren Willem
rekeninghe van Ghuleke. *
Note de dépenses faites en divers hôtels à Bruges,
par des personnes de la suite de Guillaume de Juliers,
parmi lesquelles sont cotés son frère, le prévôt de
Sainte- Pharaïlde, et Simon de Vaerwych.
Le total des articles s’élève à 144 %. 11 s. parisis.
Feuillet de parchemin étroit.
Voir les articles correspondants, aux feuillets
xlvij v°, in fine, et xlviij r°, ligne 1 et suiv.
i 5 g. — 1302, sans datç . — « Dit es dat Martin van den
Busche heuet geleuert miinhere Willem van Guleke. *
Compte de fournitures faites par Martin vanden
Digitized by
Google
X
Bussche pour les montures de Guillaume de Juliers et
de sa troupe. Dans ce mémoire figurent différents objets
d’équipement. Le tout s’élève à la somme de 254 %.
15 s. parisis.
Feuillet de parchemin.
Voir au compte: feuillet xliiij v°, in fine.
160. — 1302, sans date. — • C’est chou ke li ville de
Bruges a delivret as mariscaus monsigneur Willaume
et kella furni pour Jans pour le marescauchie. *
Note d’une dizaine de fournitures d’avoine et objets
d’équipement pour les chevaux de Guillaume de Juliers
et de sa troupe ; tels que * sielles de paleffrois, lorains,
sielles de banieres, keuestres, caingles et sourcaingles,
frain de coursier, espourons, lanches *. Le tout s’élève
à la somme de 415 <&. 12 s. 9 d . parisis; y compris
les frais d’une étape à Poperinghe.
Carré de parchemin. Cette note est bâtonnée, ce qui semble indiquer
que le contenu en a été porté dans un compte de dépenses de même
nature.
Voir au compte, feuillet xli r°, ligne 1 et sui-
vantes.
161. — 1302, sans date . — * Dit es die cost van den
waghene en van den perden die waren in die hereuard
te Duay. •
Compte de dépenses pour les chariots et les chevaux
de trait employés dans l’expédition à Douai. Les ca-
pitaines des corps de métier, qui ont fait cette cam-
pagne de 41 jours, sont nominativement cités. Les
tisserands, formant le corps le plus nombreux, ont
fourni 14 capitaines et 133 chevaux; les foulons, 12
capitaines et 97 chevaux ; les poissonniers 3 capitaines
et 22 chevaux; les bateliers 12 chevaux; les chandeliers,
1 o ; les cordouaniers et cordonniers (den kardewaniers
Digitized by Google
XI
ende den coyen scoenmakers), 29 ; les boursiers et
gantiers, 22; les tailleurs, 16; les chaussetiers, 3; les
tanneurs, 20; les bouchers, 16; les orfèvres, 2; les
ceinturonniers, 4; les gainiers, 2; les tondeurs, parmi
lesquels figure «Gilles die Coning®, 50; les maçons,
12; les charpentiers, 30; les jaugeurs de vin, 12; les
fripiers, 12; les febvres, 34; les couvreurs, 12; les
fourbisseurs, 4; les meuniers, 6; les * tapijt weuers ®, 8;
les porte-faix, * Pijnres ®, 8; les courtiers, 52; les
barbiers, 8; les teinturiers, 16; les fruitiers, 4; les
« culcstickers •, 13. A cette expédition ont aussi pris
part 10 capitaines Zélandais, avec 67 chevaux, pendant
22 jours ; un capitaine des templiers blancs avec 4
chevaux ; un capitaine des frocs noirs et un autre des
frocs gris. Le coût total des charrois, à raison de 1 s. 6 d .
par jour et par cheval, s’est élevé à 1,867 6 s, parisis.
Cahier de trois feuilles, dont la première est en divers endroits
rongée et tachetée.
Le compte communal de l’an 1302 résume ces articles de dépense, f° 55.
Voir feuillet lv r°, lignes 5 et suivantes.
162. — 1302, sans date . — * Dits die cost van den
waghenen die jnt here waren te Greueninghe. •
Compte de dépenses pour chariots, qui sont allés
à Gravelines avec les corps de métier de Bruges, et
désignant les paiements faits à cette occasion aux ca-
pitaines, nominativement cités. On voit que l’expédition
a duré seize jours et que les chevaux de trait ont
coûté, à raison de 18 deniers par jour et par cheval,
la somme de 469 %. 18 s. parisis.
Deux feuilles de parchemin reliées par les bouts inférieurs et pleines
de taches ; c’est un cahier incomplet, car on n’y trouve mentionné que
trente-deux métiers, dont les dépenses pour charrois n’atteignent que
la somme de 234 %. S s. parisis.
Ce compte particulier est résumé dans le compte communal de l’an
1302, f» 55 vo.
Digitized by Google
XII
Voir feuillet lv v°, lignes 7 et suiv.
164. — 1302, sans date. — - Dit heft Gillis die Juede
ende sijn gheselscep vte ghegheuen bi den here Martine
van der Rughe «
États de paiements faits par Gillis die Juede et ses
compagnons, d’après les ordres des échevins et pour
le service de la ville de Bruges, dans plusieurs ex-
péditions guerrières.
Cahier de sept feuilles de parchemin étroit, de longueur différente
et reliées par le bout inférieur. Les annotations latines, écrites d’une
autre main, qui suivent plusieurs articles de ce compte, semblent y
avoir été apposées pour la vérification, et se rapporter plus spécialement
à l’expédition de Courtrai.
Nous avons vainement recherché les traces de
ce mémoire dans le compte communal. D’après
un article de recette inscrit au feuillet iij r°,
ligne ix, Gillis die Juede et ses compagnons
devaient être préposés à la recette du produit
des rentes et des loyers de biens confisqués.
A-t-on renseigné la recette brute, déduction faite
des divers payements opérés? Dans ce cas, le
rôle de débours produit à l’appui du versement
ne devait pas prendre place au chapitre des
dépenses.
166. — 1302 ( vers la fin de Juillet). — » Dit heft
Arnoud Liefbroeder vte ghedaen sichten sfrindaghes
dat mijn here Willem porrede saterdaghes van Cortrike
te Ghent wart. »
Compte de dépenses faites par Arnold Liefbroeder,
pour achat de tentes et autre matériel de campement
à l’usage de Guillaume de Juliers et de sa troupe;
frais de confections, réparations et transport, etc., depuis
Digitized by Gioogle
XIII
que Mgr. est parti de Courtrai pour Gand. Le total
est de 95 Tb. 1 6 s . i d. parisis.
Deux feuillets de parchemin cousus bout à bout.
Voir les articles correspondants, au compte,
feuillet xliiij recto vers la fin, où ce compte
particulier est résumé.
V
167. — 1302, sans date , fin de Juillet . — «Ce sunt
drap akateit a Gand pour mon singneur et pour ses
cheualiers et pour ses autres gens. »
Note de drap et fourrures pour habillements de Guil-
laume dejuliers, de ses chevaliers, écuyers, sergents,
chambellans, chapelains, clercs et domestiques. La
majeure partie de ce drap a été achetée à Gand ; l’autre
à Bruges et à Courtrai.
Deux feuilles de vélin étroit, très endommagées par des mouillures
et en grande partie illisibles.
Voir le compte au feuillet xlvij r°, in fine, et
xlvij v°. On n'y trouve que le nom des four-
nisseurs.
168. — 1302, sans date . — En français.
Dépenses renseignées par divers dizainiers ou officiers
subalternes des capitaines de l’armée flamande, pour
vivres et logement d’hommes et de chevaux, achat de
drap, armures, selles, etc. Les sommes ne sont pas
récapitulées.
Cinq feuillets de parchemin, étroits et de longueur inégale, marqués
des lettres C, D, E, F, G, ce qui prouve qu’il y en a eu au moins
deux de plus. Ils ont d’abord été reliés par le bout inférieur, et sont
maintenant réunis sous forme de cahier.
Nous n’avons pas retrouvé les articles corres-
pondants dans le compte relié.
Digitized by C.ooQle
XIV
i6g. — 1302, sans date . — * Ontfanghen van ghe-
leenden ghelde der stede. »
État des sommes que la ville a reçues en prêt de
cinquante-sept de ses bourgeois et bourgeoises. Les
articles sont pour la plupart de cinq à cinquante livres:
les chanoines de Saint-Donat font une avance de cent
livres, et M. » Ghildolue » (de Gruthuse) figure pour
quatre cents livres. Le total est de 1,762 %. 4 s. 3 d .
parisis.
Feuille de parchemin probablement détachée d'un cahier on rouleau
qui est perdu.
Il y a au compte, feuillet xxxi r° et suivants,
tout un rôle de personnes qui ont prêté de
Targent à la ville, mais la plupart des noms
diffèrent, ainsi que le total des sommes prêtées.
Le présent état serait-il bien dressé pour un
emprunt fait en i3o2?
171. — 1302, du 23 mai au 6 août . — « Woensdaghes
nauonts als min here cam te Brugghe. »
Comptes des dépenses de cuisine que la ville a payées
pour Guillaume de Juliers, sa suite et ses compagnons
d’armes, depuis son arrivée, le mercredi soir du 23 mai,
jusqu’à son retour à Bruges, après la bataille de Groe-
ninghe-lez-Courtrai ou des « Éperons d’or ».
La marche et les étapes du comte Guillaume et de
sa troupe dans la Westflandre ; les quantités et les
espèces de provisions de bouche qui leur ont été four-
nies ; les noms des livranciers et le prix des objets ;
les remarques du comptable qui n’a pu bien spécifier
les articles de dépense, le lendemain et le surlendemain
de la victoire du 11 Juillet; toutes ces particularités,
notées jour par jour, concourent à rendre ce document
des plus intéressants.
Digitized by Google
XV
Rôle de neuf feuilles de parchemin étroit. Il y a quelques taches
ocreuses et une demi-douzaine de petites lacunes causées par les rongeurs.
Suscription : » C’est un brief du despens de le cuisine mon singneur
Guill. de Julers. «
Quant aux taches particulières dont ce rôle est maculé, voici la
présomption formulée par M. Bossaert : « On a pu voir que quelques
« mots sont illisibles à la date du mercredi et du jeudi (n et 12 Juillet,
» date de la- bataille de Courtrai ou des Éperons d’or). Le parchemin
* est, dans cet endroit, imprégné de taches ocreuses, comme s’il avait
* été teint de sang. Le comptable qui l’a manié jour par jour, fut
* peut-être lui-même blessé en combaltant à cette journée meurtrière.
■ On remarque ensuite que, le lendemain et le surlendemain, l’écrivain
« n’a pu bien spécifier les dépenses. Il se comprend que l’ivresse géné-
» raie, causée par une victoire aussi complète, a dû pour un instant
* altérer la discipline militaire et l’exactitude même du clerc le plus
» ponctuel. * Voy. la Flandre, » Breidel et Coninc *, t. I, p. 315.
Ce qui confirmerait l’opinion de M. Bossaert
au sujet des blessures reçues par le comptable,
c’est qu’à partir du i 5 Juillet, les annotations
sont faites en français et qu’elles sont ainsi con-
tinuées jusqu’au 22. Il faut donc supposer qu’un
autre personnage aura tenu le rôle au courant
jusqu’à ce qu’il fût permis au blessé de repren-
dre ses fonctions.
Ce rôle est un de ceux dont on perd les
traces dans le compte général. Sous la date du
22 Juillet, on a fait dans le premier de ces do-
cuments une récapitulation de sommes payées
aux principaux fournisseurs, tels que Ansen,
Jaquemon Puis et Wautier le Keu. Les mêmes
personnages se retrouvent au compte, feuillet
xxxix r°, et reçoivent des sommes assez impor-
tantes ; ne serions-nous pas autorisé à affirmer que
le rôle a été remanié pour ne renseigner les dé-
penses de cuisine que sous le nom du fournisseur?
Digitized by
Google
XVI
172. — 1302, 6 Août. — « Cis escris nest fais pour
les despens par mon signeur fais ke puis ke me sire
se départi de Gant et il vint à Bruges auskes au deluns
apries le Saint Piere entrant auoust. »
Dépenses pour logement à Bruges et frais divers de
Guillaume de Juliers et de sa troupe. Ce compte com-
prend deux parties: la première, celle des paiements
à divers hôteliers, s’élève à 1,797 &. 4 s. parisis; la
seconde, celle de sommes dues à plusieurs chevaliers
et écuyers pour prix de chevaux morts ou perdus, à
949 ®- *3 s -
Rôle composé de trois feuillets de vélin. Il est écrit avec peu
de soin et semble n’être qu’un brouillon ; plusieurs articles ont été
changés, d’autres biffés. Une douzaine de lignes sont mutilées par les
rongeurs. > *
Il est évident que, comme les précédents, ce
rôle a dû subir plusieurs modifications avant
d’être transcrit au chapitre des dépenses du
compte relié. On en trouve des traces aux feuil-
lets xli et suivants jusqu’au feuillet xlvij. En
ce qui concerne la partie relative aux chevaux
morts ou perdus, le remaniement ne saurait
être nié.
173. — 1302, 10 Août . — «C’est li despens pour lostel
mon signeur Willaume de Julers par les mariscaus,
dou de luns apries le saint Piere entrant auoust juskes
au jour Saint Leurent, en l’an m trois cens et deus. »
Note des frais d’entretien des chevaux et des dépenses
pour harnais et maréchalerie, de Guillaume de Juliers
et de sa troupe, s’élevant au total de 878 Tb. 1 s . 10 d .
parisis. Hors de ce chiffre, le compte se termine par
quelques payements dont les causes ne sont pas toutes
indiquées.
Digitized by Google
XVII
Rouleau de deux feuillets de vélin. L’écriture est plus correcte qu’au
numéro précédent et il y a moins de surcharges.
Cette note de frais doit être comprise au
compte à partir du feuillet xli, jusqu’au feuillet
xlv r°, où Ton trouve vers la fin, entr’autres,
un libellé correspondant à celui-ci : « It. pour
le despens mon signeur Williame de Julers à
W.'de le Vorde et à Jehan Bourse, de Roullers,
lxiij » [. Inventaire , p. i36, in fine.]
174. — 1302, 17 Août. — • Le venredi apres le jour
notre Dame, a mi aoust. *
Compte des fournitures de pain à la troupe de Guil-
laume de Juliers, pendant la campagne de cette année,
depuis son départ de Bruges, le 31 Mai, jusqu’à son
retour en cette ville. La première partie contient les
paiements faits pour le pain qui a été livré par les
soins du bailli de Flandre; la deuxième pour celui que
les abbayes du métier de Fûmes et des environs de
Gand ont fourni ; la troisième contient les coût et frais
de manutention du blé qui a été converti en pain à
Courtrai et à Bruges. On y trouve aussi la note des
objets d’ameublement achetés pour la chambre de
Mgr. et celle de quelques ustensiles loués pour sa table
et sa cuisine.
Rouleau de quatre bandes de parchemin. Deux taches couvrent une
partie du texte. Ces bandes, cousues bout-à-bout, quoique se rapportant
au même sujet, ne laissent pas que d’être des fragments et de présenter
des lacunes.
Voir le compte relié, feuillet xxxix v°, au
paragraphe « Paneterie » pour le pain ; et feuillet
xl v°, « Item omme den cost van der camere
vteghegheuen », pour les objets d'ameublement.
Annales, 4* Série, t. VIII. 11
Digitized by Google
XVIII
175 . — 1302, 2 5 Août. — • Dit syn die coste die
Godeuard de rudder van Merheym dede jn Clais Wou-
ters huus, van saterdaghes naer Onser Vrouwen daghe
tote sondaghes naer Sinte Bartelmeus daghe, xij %. *
Deux notes de dépenses pour réparations et maré-
chalerie ainsi que pour nourriture et logement d’hommes
et de chevaux au service de Godevard de Merhem,
chevalier, logé chez Nicolas Wouters à Bruges. La
première de ces notes s’élève à 67 % . 12 s. parisfs et
l’autre à 19 %. 16 s. 2 d. parisis.
Deux feuillets de parchemin attachés bout-à-bout.
Voir le compte au feuillet xliiij r°, in fine, et
les premières lignes du même feuillet au verso.
176. — 1302, 29 Août. — » Le iour Sain Jehan deco-
lasse, lan mil trois cens et deus. »
Dépenses pour logement et nourriture de Guillaume
de Juliers et de ses compagnons et de leurs chevaux,
pendant quatorze jours, à Bruges. On a joint une note
de déboursés, faits par un des varlets, en différents
voyages, pour le service du pays.
Rôle de quatre feuilles de parchemin, cousues à la suite l’une de
l’autre.
La plupart des articles de ce rôle doivent
trouver place entre les feuillets xli et xliiij du
compte relié. Le libellé final est reproduit au
commencement du feuillet xliiij r°.
177. — 1302, 30 Août. — • Dit es vander hachterste
kokenc. Expense coquine. •
Note détaillée des provisions de bouche livrées à la
cuisine de Guillaume de Juliers, du samedi 18 au ven-
dredi 30 Août. Les dépenses pour ces treize jours
s’élèvent à la somme de 208 ®. 10 s. n d. parisis.
Digitized by Google
XIX
On remarque, à la date du 28 Août, un paiement de
cinquante-deux sous à Jean Breidel, pour livraison de
viande.
Bande de quatre feuillets étroits.
Il est à supposer que cette note a été comprise
dans les dépenses de cuisine inscrites au compte,
feuillet xxxix r°. En effet, nous y retrouvons, aux
lignes 23 et 25, les deux derniers articles que
la note contient, in fine, et le montant de la
somme payée concorde parfaitement.
180. — 1302-1303. — » Encore donnet pour les pertes
de cheuaus ki sont mort en no sieruiche de plusieurs
chevaliers, etc. •
Résumé des dépenses faites pour Tentretien des hom-
mes de guerre dont la spécification est dite se trouver
dans les comptes particuliers. Ainsi, le second para-
graphe mentionne la somme de 24,650 %. parisis payée
* pour le bienfait de demi année », à 484 personnes tant
comtes, chevaliers, qu’écuyers qui ont servi sous les
fils du comte de Flandre. Une vingtaine de lignes com-
prennent les payements aux ■ gens darmes * qui ont
gardé les forts et les passages aux frontières de la
Flandre vers la France. Le total général de ce résumé
est 40,889 %, \ s. 2 d . parisis.
Feuille de parchemin endommagée par l’humidité. On y remarque
des points de couture qui témoignent qu’elle a fait partie d’un plus
grand rôle. *
Cet écrit semble appartenir au document
suivant.
181. — 1302-1303, sans date . — » C’est li das de le
recepte de monsigneur de Namur. »
Résumé des paiements faits pour les vivres, le loge-
Digitized by Google
XX
ment et les chevaux de Robert et de Gui de Flandre,
avec les chevaliers et écuyers sous leurs ordres, pendant
leur séjour à Bourbourg et à Douai. On mentionne
aussi quelques frais payés à Lille pour Guillaume de
Juliers. Le total de ces dépenses, pour le détail des-
quelles divers comptes particuliers sont rappelés, s’élève
à la somme de 93,165 &. 6 d . parisis.
Deux feuilles de parchemin, dont le côté droit est avarié et en
partie détruit.
La première partie de ce compte est d’une belle écriture. Le passage
relatif à Wautier le foulon semble indiquer qu’il fut apuré par un
frère du comte Gui de Flandre.
Nous n’avons pu retrouver, au compte relié,
les articles correspondants à ceux mentionnés
dans les deux documents qui précèdent. Toute-
fois il ne serait pas impossible que les paye-
ments, qu’ils mentionnent, eussent été enregistrés
aux feuillets xlix à ljj et liij, où l’on remarque
les sommes importantes, payées aux seigneurs
allemands. D’autre part, il est très-probable que
les dépenses, dont il y est question, ont été
imputées sur les fonds alloués à Gui de Namur
et par conséquent payées à la décharge de la
ville de Bruges.
i 85 . — 1303, fin Février. — « It. à Bauduin de
Miernes, pour le warde dou castiel de Nieppe, etc. *
Paiements faits aux chevaliers, écuyers, arbalétriers
et sergents qui ont eu la garde des villes, territoires
et châteaux de Nieppe, Bergues, Gravelines, Bour-
bourg et Watenes, pendant l’hiver de 1302-1303. Diffé-
rents petits corps de troupes étaient alors à la solde
du pays, durant l’espace de un à trois mois ; le service
le plus long est celui de vingt arbalétriers de Langhe-
Digitized by Google
XXI
mark, qui ont fait partie de la garnison de Bergues
pendant 94 jours ; 276 sergents du territoire de Fûmes
n’ont reçu que 25 jours de solde. Ce compte se termine
par un paiement au nommé Gilles Dekene, dont le
comptable dit: » Si moru a Watenes a le bataille*.
Total de la dépense 21,227 3 s. 9 d \ parisis.
La lettre C qui est en tête et les points de coulure qu’on remarque
aux deux bouts de ce parchemin, témoignent qu’il est détaché d’un
rôle dont les autres parties sont perdues. *
Comme la mise en état de défense devait
profiter au pays entier, il est à présumer que
ce rôle est justificatif* d’une dépense faite par
la trésorerie générale du comté de Flandre. Les
observations présentées pour les deux pièces pré-
cédentes sont donc encore applicables à celle-ci.
190. — 1303 * fin Août. — «Compte des Burghmes-
tres, Eschieuins et comité de la ville de Bruges, etc. •
Compte rendu à Mgr. Jean de Namur, fils du comte
de Flandre, de la perception des censes, revenus et
produits divers de propriétés appartenant à des per-
sonnes absentes et hostiles au pays. Ces propriétés sont
pour la plupart situées dans le Franc de Bruges; et
la recette, divisée en quatorze chapitres, s’élève à la
somme de 13,184 &. 18 s. 7 1/2 d. parisis, pour l’année
finissant à la mi- Août 1303.
Cette première partie est suivie d’un compte de dé-
penses payées pour la solde de troupes, au service du
pays, pendant la même année ; il présente un total de
23,375 &. 6 s. 9 1/2 d. parisis.
Il résulte d’une note, au bas de cet écrit, que le mon-
tant général des paiements étant de &. 94,777.13.9?
et celui des recettes seulement de &. 13,184.18.7?
La ville était en avance de . . %. 81,592.15.2
Digitized by Google
XXII
Au verso, une autre récapitulation porte:
* Somme de toute le dues, lxxx xiiij® iiij c xlvij
xxj 1/2 d,
* Ensi demeure, lxxxj ra cc lxij iij s . ij d .
Rouleau de onze feuillets de vélin, ayant plus de six mètres de
longueur. Écriture uniforme et soignée.
Les deux premiers sont endommagés par les déchirures et par des
taches qui ont effacé quelques mots.
La matière de ce compte est reproduite dans le compte communal
rendu de l’an 1303.
Ce rouleau est intéressant à divers titres et
particulièrement à cause de sa traduction du
Thiois en Roman, qui permet de rapprocher les
textes. Le chapitre des recettes est compris dans
le compte relié aux feuillets iiij à xxiiij, où l’on
remarquera toutefois, que la contexture des pa-
ragraphes a subi quelques transformations. En
ce qui concerne le chapitre des dépenses, il
correspond aux articles dudit compte annuel,
inscrits aux feuillets xlix et suivants, où le détail
est plus longuement spécifié, notamment pour
le paragraphe premier, relatif aux avances faites
à Guillaume de Juliers, ainsi que pour certains
libellés de la partie finale. D’ailleurs le contenu
du rouleau ne saurait être la reproduction ab-
solument exacte du document, auquel nous le
rapportons comme ayant servi de type, puisque
l’un et l'autre commencent et finissent à des
dates différentes.
A la question de savoir si, outre le compte
relié et le compte en rouleau, il a été fait
Digitized by L.ooQle
XXIII
d’autres expéditions d’une nature plus officielle,
nous ne saurions donner de réponse rigoureuse-
ment positive. Pareil travail de transcription
peut avoir été exécuté, dans le but notamment
d’opérer le dépôt d’une expédition du compte
dans les archives du prince, qui, à cette époque,
s’était placé à la tête du pays conformément
aux volontés populaires ; cependant rien ne nous
autorise à certifier que ce dépôt ait été effectué.
Nous ferons même observer qu’il n’est pas certain
qu’au compte en rouleau ait été joint la section
des recettes, car, nous avons déjà eu l’occasion
de le dire, la pagination de celui-ci commence
par le chiffre romain j, et devant le numérotage,
qui continue sans interruption, se trouve con?
stamment posée la lettre A. Cela nous amène
à conclure qu’aucune autre série de feuillets
n’a dû précéder ce document.
Mais, de ce qu’aucun exemplaire, autre que
ceux dénommés plus haut, ne nous aurait été
transmis, il ne résulte pas que le compte n’ait
été préalablement dressé en minute. Nous som-
mes même en mesure d’affirmer que les choses
se sont, en réalité, passées ainsi. En effet, aux
feuillets xl, septième article, et lxviij v°, troi-
sième et quatrième articles, du compte relié,
un peu au-dessus de chaque libellé, le scribe
a tracé le mot « vacat » ; c’est l’expression con-
ventionnelle qui indique au moins une portion
de feuille laissée en blanc. En présence de la
régularité absolue de la distance observée dans
Digitized by c.ooQle
XXIV
la succession des lignes occupées par le texte,
il eût été puéril, sinon ridicule de la part du
copiste d'appeler l’attention sur certains espaces,
réservés en vue de les signaler comme n’étant
pas remplis, alors qu’ils le sont parfaitement.
Aussi faut-il admettre que le mot « vacat »
n’est que la reproduction servile de celui qui
se trouvait écrit, fort probablement avec raison,
dans la partie correspondante du document qui
a servi de modèle ; et, sans devoir recourir à
d’autres arguments, nous déclarerons, avec la
plus complète assurance, que le compte relié
est une première transcription de la minute.
Sous un autre aspect, cette transcription se
rapproche beaucoup du manuscrit primitif. A
partir du feuillet xxxix r° jusqu’au feuillet
xlviij r°, nous remarquons quelques annotations
originales consignées, çà et là, par différentes
mains et à certains intervalles de temps. En
regard de chaque article de dépense, elles font
connaître le personnage qui a été chargé de
remettre l’argent, et parfois elles indiquent le
nom de celui entre les mains de qui le payement
a été effectué. Incontestablement, toutes ces
déclarations, fort sommaires du reste, expriment
le résultat d’un contrôle exercé sur certaines
catégories de dépenses Nous refevons celle-ci :
» Sol[utum] per D[enardum], per W. Sausir, per
eosdem, per D. Th de Asselt, per G. de Matta ;
paiet et comptet par le bailli ; solutum per Pieterkine ;
betaelt bi der stede; totum soluit; S. per Zegard
Digitized by Google
XXV
Wilhelmo Auri; S. per Jacobum de Staden; S. per
Dfenardum] uxori Joannis Ooms ; Item solutum Joanni
de N oit, solutum eidem domino Franconi; per Denar-
dum Joanni de Neuele; solutum dicto Symoni; solutum
de mandate Jacobi Cloppere; per Dfenardum] Joanni
de Haelst; per Dfenardum] Joanni Wandelard; per
Joannem Groote; jtem eidem domino per Dfenardum] ;
per D. eidem Ricardo; per D. Wilhelmo Keyser; per
Paulum Langhemaerc et Jacobum Cloppre. »
Quant au compte en rouleau, il est la copie
de la section des dépenses du compte relié.
Cette opinion ne peut soulever aucun doute.
L’expression « vacat « , dont il vient d’être ques-
tion, est reproduite aux endroits correspondants ;
tous les articles sont libellés de la même manière
et se suivent dans un ordre identique. Là où,
par inadvertance, le scribe s’était trompé, l’ordre
a été rétabli au moyen d’un renvoi. Ce qui
achève de fixer notre conviction, c’est que la
même main a transcrit, avec une égale fermeté
et sans désemparer, non seulement les divers
libellés, mais encore les notes marginales pla-
cées en regard.
Les deux expéditions offrent des dissemblances
d’un côté seulement: elles n’ont pas eu le même
scribe pour transcripteur et par conséquent
beaucoup de mots ont été orthographiés d’une
manière différente. Quoique nous ayons pris
soin d’annoter les variantes au bas des pages 108
à 223 de notre publication, nous signalons ci-
dessous les mots qui ont été reproduits sous
une forme systématique dans chacun des deux
Digitized by Lioogle
XXVI
manuscrits. Les caractères italiques désignent
les leçons du compte en rouleau:
Barde, Baerde ;
Bardemakre, Bacrmakerc ;
Beghinen, Becghincn\
Bellenghem, Belle ghe cm ;
besechede, besichede\
beuredene, beureidene ;
boghemakre, boeghemakere ;
Burssemakers, Buersemakers ;
broet, broot ;
capellaen, capelaen ;
capitain, capitaen ;
Carstinmanne, Karstimanne\
Chavetinghe, Chaeftinghe ;
Clays, Clais;
Coepmanne, Coopmattne ;
Colarde, Colaerde\
Coning, Coninc\
coningstaule, conincstaule ;
Coussceppers, Coussesceppers ;
Culcstickers, Cuelcstickers ;
Curtrike, Cuertrike ;
Denarde, Denaerde ;
dualen, dwalen ;
Euerarde, Eueraerde ;
F ru tiers, Fruitiers \
garsoene, gaersoene;
gheselschepe, gheselscepe ;
ghesent, gesent;
Ghulcke, Gulche;
heetene, hetene ;
Heinric, Heinrike\
hereuard, hereuaert\
hereuarden, hereuaerden ;
Hermanne, Heremanne ;
hoed, hoet;
hoftmar.s, hooftmans \
Houcke, Hoeke ;
Janne, Jhanrte ;
Kersghieters, Kerseghieters ;
Makelars, Makelaers ;
Marscalc, Maerscalc \
Martin, Afaertine;
Merhem, Merheem ;
mestre, meester ;
ministrelen, meinestrelen ;
Monec, Moenec\
Oestburch, Oostburgh ;
Oesterling, Oosterlinc ;
Oestheren, Oostheren ;
omme, otn ;
Paeschen, Paschen ;
parde, paerde\
Pieterchem, Pietercheem ;
Plateel, Platele ;
Ponterasse, Pottderase ;
Richarde, Richaerde ;
Rogier, Roeger\
Scherres, Sceerres ;
scoelakene, scolakene\
Scoudebrouc, Scoedebroec \
Scotelare, Scoetelare ;
Suin, Switt ;
teliurert, teliuereert ;
twintechsten, twintichsten ;
ver ter t, verteert;
Vleschouwers, Vlecschouwers ;
wapinen, wapetten ;
Wandelarde, Wandelaerde ;
Wlres, Vt/ 1res ;
zacke, sache ;
zalme, sainte ;
zelscotters, seilscotters ;
zeluen, seluett\
Ziessele, Siessele\
Zomerghem, Somergheem ;
zout, soûl;
Zuinarde, Swinaerde.
Digitized by Lioogle
XXVII
Rien n’est plus facile que de constater, au
moyen de ces extraits, la différence de dialecte
chez les deux scribes. Celui qui a transcrit le
rouleau parlait un langage dans lequel la plupart
des syllabes étaient allongées. Témoin, par
exemple, la lettre a qui devient ae, et la lettre
e qui se transforme en ee. Dans certains cas,
afin de faire subir aux mots une légère modi-
fication correspondante à leur prononciation,
deux voyelles de valeur différente sont jux-
taposées; ainsi, il écrit ei au lieu de e ou i, oe
pour o et ou, ue et ui pour u; il remplace le
g par le c, le d par le t comme lettre finale,
et la lettre s par le z au commencement des
mots; le plus souvent il supprime la lettre h
qui suit le c; ainsi, presque partout, nous lisons
ydaen, yleit, y sent, yselscepe, vteygheuen pour ghe-
daen , gheleit, ghesent, gheselschepe, vteghegheuen.
Nous avons à présenter une dernière remarque :
c’est que fréquemment, il place la lettre t devant
le vocable, même lorsque celui-ci est déjà précédé
de la lettre s; tels sont les mots : tscasteleins, tSin-
xen, tSinxedaghe, tsCamerlinx, tseren [ tsheren ], et, en
général, devant tous les noms de jours: tsdynxen-
daghes, tswonsdaghes, tsonderdaghes, tsfriindaghes,
tsaterdaghes et tsoendaghes.
Enfin, dans le rouleau comme dans le compte
relié, où toutefois les lignes sont moins rap-
prochées, le tracé a été disposé avec une exac-
titude mathématique ; puis, au cours de la
transcription, le scribe a laissé des lignes non
Digitized by Google
XXVIII
occupées, là où il s’agissait de discerner entre
les divers paragraphes d’un même chapitre.
C’est ainsi qu'il a cherché à grouper les recettes
ou les dépenses concernant le même personnage
ou afférentes au même sujet. Généralement, mais
dans le compte relié seul, un fragment de cha-
pitre ou l’un de ses paragraphes termine la
page; le résultat inévitable de ce mode de
procéder a conduit le copiste à devoir laisser
en blanc une notable portion de chaque feuillet
du registre. Pour notre part nous avons es-
sayé, autant que possible, d’imiter fidèlement
le manuscrit dans la publication que nous
avons entreprise, en indiquant proportionnelle-
ment, au moyen d’interlignes plus ou moins
nombreuses, les vides existants entre les divers
libellés.
' En quel endroit de. la ville ces documents
devaient-ils être déposés et à l’usage de quel
fonctionnaire étaient-ils destinés? Le compte
en rouleau va nous l’apprendre. « Scriptum hic,
et etiam super Hallam, in libro Martini de
Ruga, per scabinos anni ccc ix « est-il écrit au
folio A liiij ; tandis qu’à la place correspondante
du compte relié, on s’est contenté de tracer ces
seuls mots: « Scriptum hic, in anno ccc 0 ix°,
per scabinos tune ». [Fol. lxix.] Ainsi c’est ce
dernier exemplaire qui était déposé dans l’édifice
connu sous le nom de « Halle », où il était en-
Digitized by L.ooQle
XXIX
fermé, sous clé, dans les coffres de la Tré-
sorerie; c’est aussi ce document qui avait été
transcrit à l’usage d’un des premiers magistrats
de la cité: le bourgmestre Martin van der Rughe.
Nous sommes moins bien informés en ce
qui concerne le compte en rouleau ; toutefois
la lettre A, dont toutes ses feuilles sont cotées,
semble nous indiquer, que, primitivement, il a
fait partie d’une liasse de pièces comptables, et
nous estimons que, plus tard, il aura été déposé
au local du « Ghiselhuus », où le Magistrat
tenait ses séances d’une manière permanente.
C’était là, à vrai dire, que les Bourgmestres
et les Échevins devaient tenir une expédition
sous la main pour, à toute heure, pouvoir
s’enquérir des payements faits, ou des préten-
tions que les ayants-droit venaient exposer.
Dans tous les cas, les deux expéditions ne se
trouvaient pas réunies dans un même local,
à preuve le texte, que nous venons de citer, et
le suivant: « Item so es men sculdich den
seluen Jacoppe den Garencopre, van xlviij elnen
lakens Ghends rood ende wit yminghet, ende
van enen ghelewen lakene ten zelscotters bouf ;
ende tander laken droegen de Rade vander
stede, iij %. xviij s. grote Actum per scabinos
anni x », qui a été transcrit uniquement sur
le compte en rouleau. Il est de toute évidence
que ce libellé eût été inscrit immédiatement
sur le second exemplaire du compte, si celui-ci
s’était trouvé à portée du premier.
Digitized by c.ooQle
XXX
Les opérations de la comptabilité communale
ont commencé, dit la formule introductive, « à
l’issue de Mai», en flamand «utgangende Meye».
Que faut-il entendre par ces mots? Il peut être
intéressant de savoir à quel instant précis les
Magistrats ont pris en mains la gestion des
finances de la ville de Bruges, et alors il devient
nécessaire de rechercher la signification qu’il
importe d’attacher aux termes susdits.
Un ouvrage estimé, indispensable à tous ceux
qui s’occupent de diplomatique, nous donne à
ce sujet des explications fort judicieuses, qui,
tout en ne rencontrant que les expressions em-
ployées dans les écrits de langue latine, sont
néanmoins applicables aux manuscrits de ré-
daction française ou flamande. Nous reproduisons
textuellement : « Mensis intrans, introïens, les
seize premiers jours des mois de 3i jours, et
les quinze premiers des mois de 3o jours. Ces
jours se comptaient par un, deux, trois, comme
nous les comptons aujourd’hui, on ne faisait
qu’y ajouter le mot intrans ou introïens; par
exemple: die XIV intrante maio, pour le 14
mai. Il n’en est pas de même des jours marqués
par Mensis exiens, astans, stans, restons, les quinze
derniers jours du mois. On comptait ceux-ci
en rétrogradant. Ainsi par exemple: Actum tertia
die exeunte, astante, stante , restante mense septembri,
ou bien, actum tertia die exitu mensis septembris,
marque le 28 septembre, en commençant de
compter par la fin de ce mois, et en rétrogradant,
Digitized by CjOoqLe
XXXI
un le 3 o, deux le 29, trois le 28, quatre le
27, etc. On voit un grand nombre d’exemples
de cette manière de compter dès le dixième
siècle, dans le glossaire de M. Ducange; elle
doit être remarquée pour ne pas s’y tromper » ( 4 ).
Ces explications ne sont pas complètes et
leur auteur aurait dû ajouter comment il fallait
interpréter, lorsque à côté de la désignation de la
période du mois ne se trouvait pas exprimé le
jour ou le chiffre indicatif du quantième de ce
même mois. Quoi qu’il en soit, il est certain
que, s’il faut compter en rétrogradant les quinze
ou les seize derniers jours, c’est bien, semble-t-il,
celui qui sert de point de départ, qui doit être
considéré comme étant Yexiens, l’issu, Yuytgaende,
par excellence et à l’exclusion des autres. La
citation suivante, empruntée à une charte fla-
mande, fera ressortir d’une manière plus évidente
le bien fondé de cette opinion : « Dit was ghedaen
sdincsendaghe vor uutganghende Meye, jnt jaer ons
Heren, als men screef dusentich drie hondert
zesse ende dartich ( 5 ) ». Cette date correspond au
28 mai i 336 . Mentionnons encore la suivante:
« Dit was ghedaen smaendaghes naer sinte
Vrbaens dach vp den vierden dach van wtgaende
(4) L'art de vérifier les dates des faits historiques, etc., par un religieux
de la Congrégation de Saint-Maur. Paris, 1 818. Tome II, Glossaire
des dates , p. 23.
(5) Emile vanden BüSSCHE, Inventaire des archives de VÊtat à
Bruges, t. I, Chartes, p. 62, n° 156.
Digitized by
Google